Iran : 29 personnes ont été tuées par des hommes qui ont ouvert le feu sur un défilé commémorant le début de la guerre Iran-Irak dans la ville d’Ahvaz.

Si… si Grenade, Granada ou Gharnata qu’importe n’avait pas chuté ! N’était pas tombée ! Si l’an 1492 n’avait pas existé ! Si l’Émir Boabdil, dernier rejeton de la dynastie nasride n’avait pas pleuré ce jour-là. S’il n’avait pas cédé les clés de sa ville magique à la reine Isabella et au roi Ferdinand ! Si la maman de ce petit Boabdil n’avait pas existé, et sa fameuse expression non plus n’a pas été lâchée: “Pleure maintenant comme une femme un royaume que tu n’as pas su défendre comme un homme !”

Si, imaginons-le pour un instant, les musulmans seraient encore en Espagne, l’Islam, selon la Constitution nationale, serait religion de l’État en Andalousie, comme en Arabie Saoudite, en Afghanistan ou en Algérie ! Si, le Bon Dieu, dans son calcul des temps, avait sauté ce jour du 2 janvier de l’an 1492, comment serait-elle la vie, la ville, les gens, la culture, la femme en Andalousie, en Espagne et même au Portugal ?

Souvent, les musulmans parlent et avec arrogance, sans gêne et sur tous les toits et dans tous les micros, avec fierté, sur leur belle colonisation de l’Andalousie ! Parler de cela comme un droit. Souvent, les musulmans d’aujourd’hui évoquent avec beaucoup de nostalgie leur présence colonialiste qui a duré près de huit siècles ! Huit siècles, c’est énorme !

Et souvent, les musulmans d’aujourd’hui adorent leur colonisation et accusent les autres colonisateurs ! Certes à cette époque coloniale, des belles villes ont été élevées à l’image de Tolède, Barcelone, Grenade, Murcia… avec des palais, de la poésie, des jardins, de l’architecture et des femmes !
Certes à cette époque coloniale, ils y avaient des érudits et des philosophes à l’image d’Averroès Ibn Ruchd ou Maimonide d’Ibn Maymoune…

Certes aussi qu’Ibn Rochd Averroès a fini sa vie seul, exilé à Marrakech, ses livres ont été brûlés. La colonisation musulmane, comme toute colonisation, de l’Andalousie n’était pas en rose ! Il y avait aussi le feu ! Autodafé.

Je médite sur l’Histoire des musulmans en Andalousie, et je me demande : mais pourquoi est-ce que les musulmans, une fois chassés de l’Andalousie, n’ont pas pu, n’ont pas su comment élever une civilisation dans leur pays, au Maghreb comme au Machriq ?

Pourquoi est-ce qu’ils n’ont pas pu faire de Tlemcen, de Fès, de Bougie, de Marrakech, de Tunis, de Damas, de Baghdâd, du Caire… des cités de civilisation, de poésie, de parfum, d’eau, de diversité, en somme une terre d’épanouissement, de richesse et de vivre-ensemble à l’image de Tolède, de Grenade, de Murcia, de Cordoue…?
Si Grenade n’avait pas chuté, l’Espagne d’aujourd’hui ressemblerait au Yémen, à Grenade à Sanaa, à Madrid, à Khartoum, à Barcelone à Kaboul, à Cordoue, à Alep, à Gibraltar, à Tora Bora !

Si Grenade n’avait pas chuté, la femme catalane ressemblerait à la femme musulmane harcelée dans les rues, violée dans les moyens de transport en commun et prise en otage par les frères musulmans.Si Grenade n’avait pas chuté, l’Espagne ressemblerait à la Libye et la Catatonie à Darfour.
L’Espagne serait membre de la Ligue des États arabes. Elle serait membre de l’Organisation de la Coopération Islamique, OCI.

Si Grenade n’avait pas chuté, le nombre des mosquées serait multiplié par millions, peut-être un peu plus, avec des toilettes pour les ablutions. Il y aurait beaucoup de chaînes de télévisions, beaucoup de paraboles sur les terrasses, beaucoup de fatwas, beaucoup d’agences de voyage spécialisées en pèlerinage et en omra !
Si Grenade n’était pas tombée, si l’émir Boabdil n’avait pas pleuré, Il y aurait, dans ce pays musulman, beaucoup de prières, beaucoup de corruption, beaucoup de malades mentaux, beaucoup de pauvres. Il y aurait aussi la question palestinienne qui diviserait les Espagnols en chiites et en sunnites, en Druzes et en Alaouites. Il y aurait aussi Daech, Annoçra, Ennahda et les frères musulmans !

Il n’y aurait ni l’Espagnol ni le Catalan, il y aurait uniquement la langue du paradis, l’arabe.
Si Grenade n’avait pas chuté, il y aurait beaucoup de maladies et beaucoup de prises en charge dans les hôpitaux occidentaux. L’Espagne ne serait pas en Occident, elle serait sur les frontières du Soudan, pas loin de la Somalie.

Si Grenade n’avait pas chuté ! Mais grenade a chuté, et les clés de la ville magique restituées !

(Par Amin Zaoui,Liberté du 15-02-2018)

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