Affrontements israélo-palestiniens : Le bilan atteint 28 morts à Gaza, deux décès côté israélien

Le mouvement islamiste Hamas et Israël poursuivent, ce mardi 11 mai, leurs échanges de tirs depuis et vers la bande de Gaza. Le Hamas a fait état de 28 morts, dont dix enfants, en plus de 125 blessés. Le Djihad islamique, autre groupe armé de l’enclave palestinienne, a indiqué que deux de ses commandants figuraient parmi ces décès. Côté israélien, deux femmes ont été tuées.

C’est la pire escalade depuis des années dans la région. Le mouvement islamiste Hamas et Israël poursuivent ce mardi leurs échanges de tirs depuis et vers la bande de Gaza. Le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans l’enclave palestinienne, a fait état de 28 morts, dont dix enfants, dans des raids israéliens, en plus de 125 blessés. Le Djihad islamique, autre groupe armé, a indiqué que deux de ses commandants figuraient parmi ces décès.

« Nous sommes dans la phase initiale de notre riposte contre des cibles militaires à Gaza », a prévenu mardi matin le porte-parole de l’armée israélienne Jonathan Conricus, rapportant, lui, la mort de 15 membres du Hamas et du Djihad islamique. L’armée israélienne a frappé 130 cibles militaires, appartenant pour la plupart au Hamas, a-t-il précisé.

« Les Palestiniens finiront par gagner », affirme le Hamas

Les salves de roquettes tirées depuis le territoire palestinien constituent « une agression grave à l’encontre d’Israël, à laquelle nous ne pouvons pas ne pas répliquer », a-t-il affirmé. Le ministre de la Défense Benny Gantz a de son côté approuvé une demande de l’armée de mobiliser 5 000 réservistes, mais il n’était pas clair dans l’immédiat quand cette décision serait appliquée. Ces frappes israéliennes sur Gaza sont les plus importantes depuis novembre 2019.

Selon un dernier bilan de l’armée, 300 roquettes ont été tirées de Gaza vers Israël depuis lundi, dont plus de 90 % ont été interceptées par le bouclier antimissile « Dôme de fer ». De nombreuses autres roquettes sont tombées à l’intérieur de la bande de Gaza. Mardi matin, des sirènes d’alarme continuent de retentir dans les localités israéliennes jouxtant Gaza. Les secouristes israéliens ont fait état de deux morts à Ashkelon. Deux femmes. L’une était âgée de 65 ans, l’autre de 40 ans. Une trentaine de blessées, pour la plupart dans cette ville située tout près de l’enclave, avaient auparavant été recensés.

« Depuis hier (lundi), l’armée a mené des centaines d’attaques contre le Hamas et le Djihad islamique à Gaza […] Et nous allons encore intensifier la puissance de nos attaques », a déclaré dans la foulée ce mardi après-midi Benjamin Netanyahu dans une vidéo diffusée par ses services, ajoutant que le Hamas « allait se prendre une raclée à laquelle il ne s’attend pas ». Plus tôt, la branche armée du Hamas a promis de faire d’Ashkelon un « enfer » si les frappes israéliennes faisaient des victimes civiles à Gaza. « Les Palestiniens finiront par gagner », a affirmé le chef du mouvement islamiste, Ismaïl Haniyeh.

« Israël réagira avec force », dit Netanyahu

Le Hamas avait menacé lundi après-midi l’État hébreu d’une nouvelle escalade militaire si ses forces ne se retiraient pas de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, où des heurts quotidiens opposant des Palestiniens à la police israélienne ont fait des centaines de blessés depuis vendredi. Fait rare, les sirènes d’alarme des autorités israéliennes ont retenti lundi à Jérusalem même.

Des dégâts matériels ont été constatés dans deux localités touchées par des roquettes à une quinzaine de kilomètres de la Ville sainte. « Israël réagira avec force […], celui qui attaque en paiera le prix fort. Je vous le dis, citoyens d’Israël, le conflit actuel pourrait durer un certain temps », avait déjà prévenu tard lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, estimant qu’une « ligne rouge » avait été franchie avec les tirs de roquettes en direction de Jérusalem.

Les raids israéliens sont « irresponsables, motivés par une volonté de revanche et des calculs politiques », avait de son côté fustigé le chef de la Ligue arabe, Ahmed Abul Gheit, dénonçant une « démonstration de force au prix du sang d’enfants ».

Violences à Jérusalem-Est

Enclave paupérisée de deux millions d’habitants, la bande de Gaza est soumise à un blocus israélien depuis la prise de pouvoir du Hamas en 2007. Depuis, le Hamas et Israël se sont affrontés dans trois guerres (2008, 2012, 2014).

Les échanges de tirs interviennent sur fond de violences à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville illégalement occupé et annexé par Israël selon le droit international. Mardi matin, un calme précaire semblait être revenu dans la Vieille ville de Jérusalem et ses abords, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP).

La veille, quelque 520 Palestiniens et 32 policiers israéliens ont été blessés dans de nouveaux heurts avec la police israélienne, notamment sur l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam et site le plus sacré du judaïsme. Un Arabe israélien a en outre succombé à ses blessures par balle, mardi, en marge d’accrochages dans la ville de Lod (centre), a indiqué la police locale sans donner plus de détails.

Amnesty International a fustigé un usage « abusif » de la force par la police israélienne pour disperser « des manifestants palestiniens en grande partie pacifiques » lors de ces accrochages, les plus violents depuis 2017 à Jérusalem-Est. Mardi après-midi, Paris a appelé Israël à un « usage proportionné de la force ».

Des familles palestiniennes menacées d’expulsion

L’une des sources de tension des dernières semaines est le sort de familles palestiniennes menacées d’expulsion au profit de colons juifs à Jérusalem-Est. La justice israélienne a annoncé dimanche le report d’une audience clé, qui était prévue lundi, consacrée au sort de ces familles. La situation a suscité de nombreuses réactions à l’étranger, de l’appel de Washington à la « désescalade » à la condamnation d’Israël par des pays arabes.

Des sources diplomatiques ont affirmé lundi que l’ONU, avec l’aide du Qatar et de l’Égypte, avait amorcé une médiation auprès des parties « concernées » afin d’obtenir une désescalade. Mardi, l’ONU s’est dite « profondément inquiète » de l’escalade.

(Ouest-France avec AFP. Modifié le 11/05/2021 à 14h51 Publié le 11/05/2021 à 11h43)

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