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Le Dinar à travers l’histoire

Origine 

Après les indépendances nationales en Afrique du Nord, le dinar retrouvera sa place séculaire de monnaie officielle en Algérie et en Tunisie.

C’est aujourd’hui lundi que sera officiellement lancé un nouveau billet de banque d’une valeur de 2 000 DA. Il nous paraît donc opportun d’apporter un éclairage historique sur le mot « dinar » dont la naissance remonte pratiquement aux Romains. Deux écoles en réclament la paternité. Selon la première, ce mot aurait été tiré du latin « denarius », qui était en fait la monnaie de l’empire romain. Selon une étude non datée mais largement reprise par des chercheurs, le denarius aurait eu cours jusqu’en 1789, date de la Révolution française.

Selon la seconde hypothèse qui nous semble la plus probable et certainement la plus vraisemblable le dinar tirerait son nom d’un célèbre général arabe Abou Mouhadjir Dinar.

Ce conquérant s’était emparé, en l’an 55 de l’Hégire, de l’empire de Byzance qui occupait en ce temps-là l’ensemble du Maghreb.

Il faut croire que l’histoire décidément bien capricieuse n’a conservé de ce prestigieux militaire que le prénom Dinar, qui lui survivra bien plus que tous ses faits d’armes.

Le dinar deviendra donc la première monnaie en or du monde arabe.

L’Europe le désignera par le nom bizarre de Besant Sarrazin.

Sa première émission aura lieu en Syrie sous le règne du sultan Abdelmalek au VIIe siècle.

Il pesait un peu plus de 4 g. Sa diffusion sera encadrée par une loi religieuse dans tout l’Orient en Afrique du Nord et en Espagne sous le règne d’Abderrahmane au Xe siècle.

Cette monnaie connaîtra diverses fortunes en Algérie.

Elle disparaîtra des transactions commerciales avec l’occupation turque, qui dure plus de trois siècles et l’occupation française qui dure 132 ans.

Après les indépendances nationales en Afrique du Nord, le dinar retrouvera sa place séculaire de monnaie officielle en Algérie et en Tunisie.

Seul le Maroc choisira le dirham.

Le Koweït au Moyen-Orient optera aussi pour le dinar.

Mais il est clair que les trois monnaies n’ont pas la même valeur dès lors que les richesses et les systèmes économiques des uns et des autres sont différents.

Chez les cambistes saoudiens à La Mecque, 100 dinars koweïtiens sont échangés contre plusieurs dizaines de riyals, beaucoup moins pour 100 dinars tunisiens et moins encore pour cent dinars algériens.

En tout état de cause, le nouveau billet de 2 000 DA réduira les tensions actuelles sur les liquidités au niveau d’Algérie Poste et n’influera en rien sur la masse monétaire actuelle.

Le symbole d’une nation

Rappel

Le monnayage de résistance qui durera de 1832 à 1847 a conduit l’Emir à créer un modèle de monnaie radicalement nouveau : les mohammadias.

Comme le drapeau ou l’hymne national, la monnaie est d’abord et avant tout le symbole d’une nation, dont il est l’expression régalienne.

Personne d’autre que l’Etat n’a le droit de frapper sa monnaie.

Lorsqu’une puissance colonise un peuple, la première chose qu’elle lui impose en plus de ses lois, c’est sa monnaie.

Notre pays, qui a connu de nombreuses occupations au cours de son histoire, n’a pas été exempté de cette servitude.

Les Espagnols qui ont conquis par deux fois la ville d’Oran, au XVIIe siècle, ont tenté d’ériger aux yeux des Algériens leur monnaie de conquistador tout le long de la côte, sans succès.

Pour approvisionner leurs garnisons en fruits et légumes, en viandes et en blé, les intendants de cette armée ont été obligés de monnayer leurs achats en pièces d’or.

C’est ainsi qu’ils acquerront à grands prix tous les silos à grains de Stidia près de Mostaganem et une bonne partie de la production agrumicole de Kristel, petit port situé à 20 km à l’est d’Oran.

Souvent à court d’or, ils n’avaient d’autre choix que leurs pièces d’argent frappées à Madrid.

Elles étaient parfois tolérées.

Au lendemain de la conquête de l’Algérie par l’armada française et la disparition pure et simple de la monnaie turque, Abdelkader se fera un devoir de battre sa propre monnaie.

Ce monnayage de résistance qui durera de 1832 à 1847, a conduit l’émir à créer un modèle de monnaie radicalement nouveau, les mohammadias.

C’est à Tagdemt, près de Tiaret, qu’il créera son atelier ainsi qu’une fonderie d’armes.

Sur ces spécimens dont nous ne gardons malheureusement aucune trace, une formule religieuse était inscrite bien en évidence « Allah nous suffit il est le meilleur parti ».

Les mohammadias qu’on appellera monnaie du pauvre, permettaient en tout cas au jeune général de reconstituer et d’équiper son armée.

Mais force reviendra au vainqueur pour mettre fin aux monnaies turques encore en cours dans les transactions et aux mohammadias d’Abdelkader, les autorités coloniales demandèrent et obtinrent de Paris la permission de battre le franc en terre algérienne.

C’est ainsi que le franc algérien verra le jour.

Il faut préciser que comme le dinar qui a fait des petits un peu partout dans les pays arabes, le franc français lui aussi fera des émules en Europe et dans les colonies.

On verra par exemple la naissance du franc suisse, du franc africain de l’Est et de l’Ouest du continent, le fameux CFA, le franc du Pacifique également.

A noter dans le même registre le franc que l’on surnommait métropolitain au Maroc dans les années 40.

Mais pour compléter ce tableau succinct et fatalement imparfait du dinar, il faut rappeler qu’il a été la cible, à plusieurs reprises, des contrefacteurs.

Des milliards de fausse monnaie en coupure de 1 000 DA ont été découverts ces dernières années par la Gendarmerie nationale, ainsi que leurs imprimeries.

Quelques spécimens ont tout de même réussi à être écoulés dans le circuit.

Les autorités n’ont pas baissé la garde.

Lorsque notre monnaie était en bonne santé

Valeur : Il fut une époque où le dinar algérien était très courtisé chez nos voisins, surtout au Maroc.

Deux ans durant, de 1962 à 1964, l’Algérie indépendante a vécu dans la zone « franc » pour des raisons autant politiques qu’économiques.

Le franc algérien était donc convertible en France et partout dans la communauté française.

Dans les banques de l’Hexagone, ce franc avait la même valeur que le franc français, qui deviendra plus tard le franc lourd par la seule volonté du général De Gaulle qui rêvait d’avoir une monnaie presque aussi puissante que le dollar.

C’est à partir du 10 avril 1964 que l’Etat algérien, usant de son droit régalien, promulguera une loi qui donnera naissance au dinar algérien qui remplacera définitivement le franc.

Les premiers billets seront mis en circulation dans la même année.

Les tous premiers spécimens imprimés seront des 500 DA.

D’autres éditions suivront bien sûr au cours de ces quarante dernières années.

Mais ce ne sera qu’à partir de 1987 que les premières pièces seront frappées en Algérie.

Et pour en revenir à ces billets typiquement made in Algeria, il faut se souvenir de la première fois que les Algériens ont été appelés à échanger leurs francs contre les nouveaux dinars.

Les chaînes étaient immenses et commençaient le matin dès l’ouverture du service des changes jusqu’à l’ouverture des guichets.

Il faut croire qu’à cette époque la plupart des Algériens pour ne pas dire tous avaient constitué des bas de laine pour mettre leurs économies à l’abri des regards.

C’est à partir de cette opération grand public que les citoyens se rendront compte que les véritables riches n’étaient pas ceux qu’ils croyaient.

Ils ont aperçu pour l’anecdote des femmes de ménage changer des cabas de francs français.

Ils ont aperçu des mendiants terriblement gênés présenter aux guichets des liasses considérables de billets grossièrement enveloppés dans du papier kraft.

Mais une fois que tous les billets ont été mis en circulation, que valait ce dinar en fin de compte ?

C’est la première question qui vient à l’esprit.

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