jeu. Nov 21st, 2019

Parcours politique de Feu Ferhat Abbas

Un point d’ombre dans l’histoire nationale. Parce que ce travail n’a jamais été accompli, les Algériens sont désemparés, dit-il, devant leur histoire. « Etudiants et élèves lisent et entendent des versions différentes et contradictoires. Aux départements d’histoire des universités algériennes, chaque enseignant représente une école et ce, quel que soit son niveau ! Sur le plan méthodologique, nous n’avons pas de repères. Les quelques repères qui pouvaient servir ont été perturbés », indique le docteur Mohamed Korso, précisant que « le discours historique ambiant monopolise l’écriture de l’histoire ». L’autocensure et l’inaccessibilité aux archives compliquent la tâche. L’universitaire Leïla Benammar Benmansour, auteure de Ferhat Abbas, l’injustice (Editions Algerlivres), abonde dans le même sens. Ferhat Abbas doit être réhabilité.

« Nous avons souffert de lire toutes ces contre-vérités colportées sur Ferhat Abbas.

Pourtant, c’est grâce au dévouement de cet homme et de ses semblables que nous sommes là, aujourd’hui, en train de discuter en toute liberté ».

L’universitaire ajoute encore que nombre d’Algériens admirent les grands noms qui ont jalonné l’histoire du monde et n’ont pas connaissance des héros qui ont marqué l’histoire de leur propre pays.

« Ferhat Abbas fait partie de ceux dont la jeunesse algérienne d’aujourd’hui tirerait grand orgueil si elle avait connaissance de son dévouement pour son peuple ».

Son intervention est longue. Elle rappelle ses écrits, ses idées progressistes, ses positions émancipées et ses thèmes : l’éducation des masses, l’instruction de la population, la valorisation des sciences exactes dans le système scolaire et la liberté religieuse.

Leïla Benammar Benmansour affirme que la question de Ferhat Abbas lui tient « à cœur » et espère une réparation officielle.

« Nous espérons une déclaration officielle pour corriger l’histoire.

Que l’on attribue le nom de Ferhat Abbas à un édifice algérien. Il n’est pas normal que les boulevards du pays ne portent pas le nom du 1er président du GPRA ! », S’est-elle exclamée. I. B.

Le Soir d’Algérie

– Ferhat Abbas était “très proche” de Cheikh Ben Badis malgré leurs différences politiques

L’universitaire et chercheur en histoire de la Révolution algérienne et du mouvement national, Mohamed Corso, a souligné samedi à Alger que le défunt Ferhat Abbas “était très proche” de cheikh Abdelhamid Ben Badis malgré les différences politiques et idéologiques entre des deux hommes.

Intervenant lors d’une conférence consacrée à la personnalité de Ferhat Abbès, organisée au Forum d’El Moudjahid, le PrKorso a mis l’accent sur les relations entre l’Union démocratique du Manifeste algérien (UDMA) que présidait Ferhat Abbas, et l’Association des Oulémas algériens, à partir de 1936, affirmant que “malgré leurs différences politiques et idéologiques et en dépit de la polémique qui avait éclaté entre les deux hommes, Ferhat Abbas et cheikh Ben Badis étaient très proches”.

APS

– « L’homme qui voyait juste »

Mohamed Corso, chercheur en histoire, est revenu hier au Forum d’El Moudjahid sur la falsification des faits et réalités historiques qui ont entouré la vie et le parcours de Ferhat Abbas, notamment en ce qui concerne sa fameuse déclaration « La France, c’est moi », en 1936.

« L’histoire enseignée dans le système éducatif et universitaire fait état de la détention de la nationalité française par Ferhat Abbas.

C’est une donnée que nous avons apprise dans les écoles et enseignée pendant plusieurs années.

En 1979, j’ai consulté la fiche de police française où je découvre que Ferhat Abbas n’a jamais demandé la nationalité française.

A partir de là, j’ai compris qu’il y avait une mauvaise interprétation de cette déclaration qui constitue une phase importante dans l’histoire, mais qui est devenue aussi une référence, une autorité historique et méthodologique dans l’écriture de l’histoire », a affirmé Mohamed Corso, lors de son intervention à la rencontre commémorant le 25e anniversaire du décès de Ferhat Abbas.

Il s’est interrogé sur les motivations d’une telle modification des faits qui ne peuvent avoir pour objectif que « la marginalisation » de l’homme.

« L’interprétation de la phrase a eu un impact sur l’écriture de l’histoire et de la Révolution algérienne », a-t-il souligné.

« On ne peut comprendre la déclaration de Abbas qu’en situant les circonstances et les rapports de force au sein du FLN entre 1954 et 1962 », a-t-il ajouté.

Comme conséquence de cette grave dérive, le chercheur évoque le désintérêt des élèves des classes de terminale au cours d’histoire, ainsi que la déstabilisation des étudiants universitaires de la filière dans la mesure où chaque enseignant est devenu une école en la matière.

« Cela est dû au fait que sur le plan méthodologique, il n’y avait aucun repère. »

Il responsabilise l’enseignant, l’étudiant et l’université « qui a lâché le pouvoir de l’autorité de la connaissance », dira-t-il.

Le conférencier revient sur les relations entre Ferhat Abbas et l’imam Ibn Badis, qui étaient marquées par une « polémique des idées », sans que cela n’ait un impact sur la relation entre les deux hommes et surtout sur l’adhésion des chercheurs et militants à la démarche de Ferhat Abbas.

« L’homme mérite le respect et la considération même si on ne partage pas son opinion politique car il a été le premier président du GPRA, du Parlement et le porte-parole de la Révolution algérienne », a-t-il fait remarquer.

Pour lui, la rencontre organisée sur Ferhat Abbas et son parcours politique constituent une étape importante dans la construction de l’histoire.

Ferhat Abbas, le visionnaire

Leila Benmansour Ouameur a évoqué, quant à elle, la réflexion profonde qu’avait Ferhat Abbas sur les jeunes et sur l’éducation.

Alors qu’il n’avait que 23 ans, le premier président du GPRA a interpellé l’armée française dans son appel de 1941 sur la nécessité de former, d’instruire les indigènes en leur inculquant les valeurs morales et en développant leur esprit de la critique. « L’homme voyait juste.

Les problèmes qu’il évoquait dans les années 1940 sont d’actualité aujourd’hui.

C’était l’époque où il pensait à l’Algérie de demain basée sur l’instruction et le savoir », a-t-elle précisé.

Ferhat Abbas a mené une lutte pour convaincre les familles d’accepter une tierce personne qui contribue à l’éducation de leurs enfants.

Il enchaîna ensuite avec une deuxième bataille permettant aux filles d’accéder au savoir.

Ferhat Abbas a alerté sur l’abandon de l’enseignement des sciences exactes, facteur important pour le renouveau.

Il a toujours appelé au travail qui constitue, pour lui, la seule richesse authentique.

« S’il était encore vivant, il se réjouira de voir des milliers de jeunes Algériens prendre le chemin de l’université, mais il sera malheureux de voir d’autres quitter leur pays à bord de fragiles barques », a-t-elle indiqué.

Mme Leila Benmansour Ouameur a demandé à l’Etat de corriger l’histoire par une déclaration officielle et de donner le nom de Ferhat Abbas à un édifice prestigieux dans la capitale.

C’est une question qui me tient à cœur », a-t-elle souligné. Nouria Bourihane

Le Jour d’Algérie

– « Ben Badis a crucifié Ferhat Abbas »

Ferhat Abbas, ce repère de l’histoire nationale et visionnaire hors pair, reste méconnu.

L’historien, Mohamed El Korso, a levé le voile sur un épisode controversé de la vie de l’un des symboles de l’histoire de l’Algérie.

Il s’agit de Ferhat Abbas, le premier président du Gouvernement provisoire de la République algérienne (Gpra).

Le nom est connu.

Cependant, les multiples facettes de l’homme restent à découvrir.

Le chercheur en histoire, Mohamed El Korso, est catégorique :

Ferhat Abbas est victime du discours historique ambiant.

« Ce discours a été construit sur la base de la réponse du cheikh Abdelhamid Ben Badis (le premier président de l’Association des ouléma musulmans algériens, Aoma) à un article de Ferhat Abbas :

La France, c’est moi ». a expliqué M.El Korso, lors de la conférence qu’il a animée au siège du quotidien El Moudjahid à Alger, en commémoration du 25e anniversaire du décès de l’ancien président de l’Assemblée nationale constituante, dissoute en septembre 1963.

Abdelhamid Mehri, en mission au Qatar, Réda Malek et Abderrahmane Chibane, président de l’Aoma, se sont excusés de ne pouvoir assister à cette conférence.

L’échange que Ferhat Abbas a eu avec cheikh Ben Badis a pesé lourdement sur l’itinéraire de cet homme historique.

« Le cheikh Ben Badis a crucifié Ferhat Abbas », a affirmé le chercheur.

Il a, ensuite, expliqué l’influence qu’a eue cet épisode sur la transcription de l’histoire de l’Algérie du siècle dernier.

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