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Contribution : La belle langue arabe soumise à la question

Les revoilà, les détenteurs exclusifs du label «thawabit elwatania» (les constantes nationales), les censeurs, les étouffeurs du génie créateur du peuple algérien ! N’ont-ils pas dans un passé récent excommunié Kateb Yacine, allant jusqu’à refuser son enterrement dans un cimetière algérien musulman ? N’ont-ils pas applaudi aux assassinats d’intellectuels pendant la décennie noire, alors qu’eux se pavanaient dans les quartiers fréquentés par les terroristes ?

Ils sont allés jusqu’à dire que la mort de Tahar Djaout n’était une perte que pour la France et sa famille.

Ce sont eux qui ont «débarqué» deux anciens ministres de l’Education nationale les défunts MM. Benmahmoud (en années 1963-1964) et Lacheraf (1977), brillants intellectuels moudjahids, au motif que ces derniers voulaient adopter le bilinguisme arabe-français, faute de moyens humains pour arabiser totalement l’école algérienne.

Oui, ils sont de retour les fossoyeurs de la belle langue arabe, les destructeurs de l’école algérienne. C’est sur plus d’une décennie que l’on peut connaître l’impact d’une politique éducative. Et nous savons tous ce qu’à donné comme résultat la funeste décision de 1981 prise par le comité central du parti unique, à savoir l’arabisation manu militari de toutes les disciplines scolaires, sans préparation, ni formation de l’encadrement approprié. 

Rattrapé par l’âge et la modernité, l’un des promoteurs de cette destruction s’égosille et crache son venin dans les colonnes et devant les caméras d’une certaine presse privée… de déontologie et de dignité tout court. Elle a beau jeu cette soi-disant presse, puisque cet individu lui a formé, trois décennies durant, et offert sur un plateau des milliers de lecteurs formatés pour s’abreuver uniquement à cette source médiatique (la presse de caniveau).

Il s’agit d’un ancien directeur de l’enseignement fondamental sous l’ère Kharroubi (les années 1980) et recyclé d’abord dans un parti islamiste (Hamas) pendant les années 1990 et ensuite repêché par un de ses amis au ministère des Affaires religieuses (années 2000).

Pourquoi ce dernier et sa suite – il n’est pas le seul – ne se sont-ils pas offusqués de voir la langue arabe malmenée dans les spots et encarts publicitaires de grandes marques commerciales ? Une langue arabe algérienne latinisée déferle sur nos écrans et envahit nos oreilles : une immersion linguistique efficace pour dérouter nos élèves qui l’apprennent à l’école de gauche à droite et l’utilisent de droite à gauche en dehors de l’école (SMS, mails, facebook).

Pourquoi n’ont-ils pas réagi devant l’usage du français par le président de la République dans quelques-uns de ses discours ? Et que dire de cet ancien ministre de l’Education qui se rabaisse au niveau de ce monolingue, lui le brillant medersien et parfait bilingue ? 

N’a-t-il pas assisté à des Conseils de ministres ou de gouvernement où pas un mot d’arabe n’est prononcé ? N’a-t-il pas travaillé sous l’autorité d’un président ne maîtrisant nullement l’arabe ? Ne s’est-il jamais exprimé en arabe avec ses fonctionnaires ou avec la presse, lui qui aime tant la langue de Voltaire ?

Pourquoi ces détracteurs ne mobilisent-ils pas leurs neurones pour offrir à la langue arabe des ouvrages scientifiques reconnus sur le plan international, au lieu d’invectiver les francophones, voire les amazighophones ? Il faut s’attendre à d’autres insultes le jour où la Constitution officialisera la langue amazighe.

Les Algériens ont bien compris. Ces critiques et ces insultes envers une ministre qui vient juste de prendre son poste, ne sont qu’un combat d’arrière-garde. Un combat voué à l’échec comme ce fut le cas du regretté cheikh Nahnah qui demandait au pouvoir algérien l’octroi à son parti du poste de ministre de l’Education nationale comme seule exigence pour son entrée au gouvernement. Il essuya un refus catégorique.
Depuis, ses adeptes et d’autres de la même mouvance n’ont de cesse de lorgner ce poste stratégique et de critiquer à travers leurs relais médiatiques les différents titulaires qui s’y sont succédés. Pourquoi ce ministère et pas les autres ?
La réponse est simple : accomplir à très large échelle le travail d’endoctrinement et d’embrigadement initié, sous d’autres cieux, par leurs parrains wahhabites.
Que dire de cette fièvre chronique qui s’empare de ces FRANCOPHOBES de mauvaise foi ? Seulement pour cacher à l’opinion publique la nature des études effectuées par leurs enfants ( en français) et surtout – leur destination préférée pour les soins, les achats, les vacances (la France). Bien informés du fait que vos enfants étudiaient en français à Descartes (année 1980-1990) ou dans les établissements privés (années 2000) —, les enfants du peuple qui ont souffert de votre arabisation au rabais, vous disent en arabe de chez nous «FAKOU, nous sommes au XXIe siècle !»

(Ahmed Tessa, pédaguogue,Le Soir  d’Algérie du 26-05-2014)

 

AM

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